[Le bouturage en images]

La multiplication : Les Begonia à tiges

Patrick Rose

 

Merci de citer ce travail comme suit :

ROSE Patrick (1989)

La multiplication : Les Begonia à tiges

Le petit bégofil

N°4, juillet 1989

 

Les points les plus importants à citer à nouveau concernent principalement l'état sanitaire de la plante mère qui doit toujours être vigoureuse (la seule exception étant le sauvetage in extremis après un coup de soif ou de soleil. Ne rougissez pas, cela nous est arrivé à tous !), sans maladies (Oïdium ou Botrytis), toujours affaiblissantes. Prélevez délicatement vos boutures, sans couper à tort et à travers. Sectionner proprement, éventuellement en retaillant une seconde fois la coupe. Il ne doit subsister aucune trace de blessure ou de déchirure des tissus de la tige. Insistons comme toujours sur la nécessité d'utiliser des outils (greffoirs ou sécateurs) les plus propres et les plus tranchants possibles. Si vous vous en servez fréquemment, affûtez-les souvent.

Le mélange sera le même que pour les boutures de feuilles (1/2 sable fin - 1/2 tourbe). Intimement mêlé, il sera même éventuellement tamisé, surtout si votre tourbe est un peu grossière. Humidifiez le bien avant de planter. Il est important que la tourbe ait bien absorbé l'eau. Prévoyez la chose à l'avance, une tourbe un peu sèche étant parfois un peu longue à se ré humecter.

Le choix des boutures est important, mais obéit aux grands principes de la multiplication végétative (entendez par là le bouturage, à l'inverse de la multiplication sexuée: le semis). Vous avez choisi, nous l'avons vu, une plante saine, si possible sans fleurs. Un B. 'Richmondensis' est par exemple difficile à bouturer, surtout en été car il n'arrête jamais de fleurir , ramifie peu et racine difficilement. Si vous êtes prévoyant, placez votre plante à l'abri du soleil direct, voire même un peu à l'ombre deux à trois semaines auparavant, en cessant tout apport d'engrais (surtout si vous utilisez une formule "plantes fleuries", plus riche en potasse).

 

Le Bouturage en images… (cliquez sur la vignette pour agrandir)

Votre matériel.

Sélection de la tige

Présentation de la bouture

Habillage…

Reste l’empotage.

 

Il est à noter, puisque je vous cite B. 'Richmondensis', que s'il se montre parfois réticent au bouturage de tige ou ramifiant difficilement, par la suite il est, en revanche, l'un des plus faciles, parmi ces buissonnants à bouturer et à rejeter facilement par la feuille. Il est, en effet, à peine plus long à raciner qu'un rhizomateux.

Choisissez donc, dans l'ensemble, des extrémités de tiges assez trapues, aux entre-noeuds les plus serrés possibles.

La bouture idéale mesure une dizaine de centimètres au maximum. Ceci dit, tout est relatif , une bouture de tige d'un B. maculata adulte peut en mesurer une vingtaine, si l'entre-noeud est aussi long. Si la tige n'est pas trop tendre, elle peut parfaitement prendre. "Habillez" la bouture en ôtant, toujours le plus proprement possible, les fleurs, les bourgeons des premier et deuxième nœud, les feuilles les plus basses, pour n'en garder que deux ou trois selon leur surface. Vous limiterez ainsi l'évapotranspiration et conserverez donc le maximum de réserves à votre futur "bébé". Sectionnez, bien sûr, toujours sous un nœud, en ne laissant que deux ou trois millimètres.

Vous pouvez bouturer directement en godets, en plaçant une bouture par godet de 7 cm ou trois par godet de 9 cm. Si vous en avez beaucoup, et que vous n'êtes pas certain du résultat, commencez par la terrine. Vous ne rempoterez par la suite que les plus belles réussites, en éliminant ce qui vous apparaîtra comme trop chétif ou n'ayant pas raciné assez vite.

Procédez pour le rempotage comme pour les boutures de feuille, en ne rempotant qu'au bout d'un mois et demi, voire huit à dix semaines, une fois que le volume de racines est supérieur à la "couronne" de la bouture. N'attendez pas si vous voyez que les nouvelles racines sont comprimées, qu'elles passent par le trou de drainage ou même qu'elles forment un feutrage en surface.

Si vous souhaitez plus tard conserver des plantes basses et touffues, pincez très tôt, dès le deuxième ou troisième mois, en sectionnant juste au-dessus d'un bourgeon. Ne pincez pas au-dessus d'une hampe ou d'une cicatrice florale. En parlant de fleurs, prenez pour habitude de les supprimer sur vos jeunes boutures qui se fatiguent vite si elles doivent se consacrer à des floraisons interrompues, sans réserves et avec un système racinaire trop faible pour supporter toute nourriture.

Placez boutures ou godets à chaud, à l'étouffée, au moins pendant les deux ou trois premières semaines. Maintenez un bon niveau hygrométrique pour les aider à tenir le coup au début.

Enfin, dernier conseil, n'arrosez pas trop, vous risquez de voir pourrir très vite les jeunes plants. Pour éviter cela, bassinez les boutures fraîchement plantées d'une solution fongicide, type benlate, qui les aidera à tenir au début sans être trop sensibles aux champignons du genre Botrytis ou Pythium.